Les journalistes tentent le collectif

Et si le travail de journaliste était collectif ? Voici une piste de réflexion sur laquelle quelques professionnels ont tenté de réfléchir mercredi matin dans une salle du Théâtre auditorium de Poitiers. Il est à noter que pour le métier de journaliste, la notion de « collectif » est paradoxal : de nature, c’est un « un travailleur solitaire », avec ses qualités personnelles, comme le définit Claire Blandin, professeure à Sciences Po. Mais elle souligne aussi que le journaliste, à partir de la fin du XXème siècle, début XXIème, a été obligé de tenter d’agir collectivement au sein même de son activité professionnelle.

Le croisement de différents acteurs

Thème inévitable lors de ces Assises internationales, l’influence des évolutions technologiques. « Ce web.2 va donner un nouveau rôle au public » lance Sandrine Levêque. Elle pointe là une réalité qui prend de plus en plus d’importance dans les médias : les acteurs du web seraient les nouveaux « associés » des journalistes. Le Bondy blog, Rue 89, Médiapart,… Ces sites participatifs « partagent » leur terrain avec les citoyens dans le même but d’informer. Toutefois, contrairement aux idées reçues, les citoyens apporteraient leur contribution davantage grâce à des informations tirées du web que grâce à leur expérience personnelle, but initial des sites participatifs. L’information est relayée par un grand nombre d’acteurs, n’ayant pas tous les mêmes moyens, les mêmes statuts. Les correspondants locaux par exemple, sont qualifiés par la loi de « travailleurs indépendants », plutôt que « journalistes ». Pourtant, ils sont un maillon essentiel de l’information locale. Au nombre de 35 000 en France, ils réalisent la moitié du volume d’information de presse régionale.

« Journalistes hackers », « journalistes nouveaux » ou encore « journalistes programmeurs », différentes appellations pour parler de ces acteurs d’un nouveau genre. Ils ont des compétences, des valeurs, des cultures différentes, que les journalistes classiques n’ont pas. « Ils agissent en collectif grâce à des appuis professionnels » explique Éric Dagiral, et en viennent à signer leurs reportages d’investigation à plusieurs. Et en agence de presse ? Les agenciers ont eux aussi évolués dans une direction nouvelle. La signature générique « AFP » a laissé la place à leur nom et leur prénom.

« Plus un journaliste est seul, plus il est vulnérable ». Cette phrase résonne dans la salle. Si les journalistes apprécient de pouvoir être identifiés et associés à leur production, ils savent aussi s’entourer. Ils sont parfois amenés à travailler avec d’autres corps de métier tels que les attachés de presse par exemple, qui facilitent la récolte d’informations. Mais dans certains espaces, les journalistes ne peuvent pas toujours s’appuyer sur une équipe. C’est le cas de la banlieue par exemple, comme le souligne Nathalie Dollé, membre de l’Alliance internationale des journalistes, ou encore dans les zones de conflits, même si les fixeurs y jouent un rôle déterminant.

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