Faire face à la crise des médias

Hier soir, à l’auditorium du TAP, Jean-Luc Mélenchon s’est entretenu avec Nicolas Demorand sur le thème Quelle démocratie ? Devant 700 personnes, le candidat non-déclaré du Front de Gauche a exprimé sa vision du journalisme et son hymne à l’amour à cette profession.

Jean-Luc Mélenchon a retrouvé son vieil ami Nicolas Demorand

De Jean-Luc Mélenchon on se rappelle surtout des petites phrases envers les journalistes,  de son entretien avec Nicolas Demorand (encore lui) à Europe 1… Et pourtant, le leader du Front de Gauche avoue sa relation passionnée avec les médias. Pigiste au début de sa carrière, bloggeur à ses heures, il dénonce le changement actuel de la profession : « On est passé de l’information au bruit.  Aujourd’hui, la masse influence le travail rédactionnel. De même, l’observation en masse que l’on retrouve aujourd’hui coupe totalement la réalité. La question qui se pose est comment faire pour avoir des médias qui ne sont pas moutonnés? » Oui, de nos jours les médias racontent tous la même chose, c’est cela qu’il faut changer. Avec sa pointe d’humour habituel, il déclarera : « Il y a des pays où il n’y a qu’un média, c’est le média officiel, on ne raconte qu’une seule chose parce qu’il n’y a qu’une chose à dire. Nous c’est plus classe, on dit la même chose mais, dans plusieurs journaux différents.»

Créer une situation de démocratie médiatique
Pour Jean-Luc Mélenchon, l’aspect démocratique de la profession est bafoué. En ce qui concerne le service public : « nous sommes tous cotisants. Alors pourquoi serait-ce au chef de l’État de pouvoir intervenir ? À partir du moment où l’on est abonné, on doit avoir le droit de réagir. Je suis pour la création d’une instance autonome, un comité des médias qui serait chargé d’observer et d’intervenir indépendamment de l’Etat.» Un journaliste doit pouvoir parler de tout, même des questions idéologiques et de la religion . C’est pourquoi Jean-Luc Mélenchon est abasourdi par l’attentat contre Charlie Hebdo de la semaine dernière : « Que ça plaise ou non, on a une ligne jaune à ne pas franchir. » Autre point, les groupes d’armement qui possèdent des groupes de presse entraînent la création d’un climat d’auto-censure. Les journalistes savent s’arrêter au moment où ils ne les dérangeront pas. Pour lui, la solution est simple : « Il faut interdire à certains groupes financiers de posséder des médias. Pour moi, l’indépendance et la pluralité des médias sont les choses les plus importantes. » Mais quoi qu’il arrive il faut que les différents moyens d’informer aient un système économique qui les fasse vivre. Et là aussi Jean-Luc Mélenchon a ses idées. 
Un nouveau modèle économique

Convaincu, le leader du Front de Gauche apporte sa vision sur la profession

Si l’on enlève les mécènes que sont les groupes d’armements, les journaux doivent pouvoir vivre sans. Pour le leader du Front de Gauche il faut tout d’abord créer un salaire maximum : « Personne ne doit pouvoir gagner vingt fois plus que le plus petit échelon. » De plus il faut stopper la précarisation. « A l’époque où j’essayais de devenir journaliste, j’étais le seul pigiste permanent de la rédaction. Aujourd’hui c’est l’inverse, il y’a 50 pigistes permanents pour 5 titulaires d’un CDI. Il faut qu’on fasse descendre ce taux à 5% seulement de précaires. » En ce qui concerne la presse écrite, il assure qu’il ne faut pas se résigner à la crise de la presse. Même si le contenu diffère, on peut « mutualiser le support  et même s’il est dématerialisé». Ainsi, tous les journaux seraient imprimés au même endroit et distribués par la même compagnie, réduisant considérablement les coûts. Et pour le directeur de la publication de Libération, Nicolas Demorand : « on doit pouvoir créer une exception des médias tout comme l’exception culturelle française. » Après cette déclaration, toute la salle applaudit, même Jean-Luc Mélenchon. 

Mais lui ne manquera pas de rajouter sa petite pique habituelle à cette profession qu’il aime tant. A la question de Nicolas Demorand « à quelle sauce sera-t-on mangé si vous êtes élu ? », le probable candidat du Front de Gauche répondra : « Vous ne serez pas mangés, vous n’êtes pas digestes. »

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