Soirée spéciale Afghanistan, les grands reporters témoignent

 

C’est par un hommage à trois grands reporters morts en Afghanistan que débute la soirée. Johanne Sutton, Pierre Billaud et Volker Handloik. Trois portraits, projetés à l’écran plongent la salle dans une prise de conscience soudaine. « La guerre, ça tue ! » rappelle-t-on au public. L’ambiance est grave. Dominique Gerbaud, président de Reporters sans frontières (RSF), voulant « faire vivre le reportage », donne la parole aux vivants. « On n’en revient jamais intact ». Ils s’entendent pour le dire. Mais la volonté de partir est plus forte que tout, et elle en vaut la peine, RSF le soutient. Mais le risque n’est jamais loin. Akbar Khan Aryobwal, fixeur afghan rappelle que la sécurité est primordiale. « La règle de mon travail, c’est la vie » dit-il humblement.

Les transformations du journalisme sont mises en évidence pendant ces trois jours. Cette rencontre ne déroge pas à la règle. Patricia Allémonière, grand reporter à TF1, explique que « la nature a changé, quand on est sur le terrain, on devient plus inquiet pour notre famille, et inversement », Emmanuel Duparcq, qui exerce à l’AFP ajoute : « Maintenant, quand on est blessé on nous dit « Tu rentres », alors qu’avant on nous aurait demandé ce qu’on voulait faire. »

Un échange réciproque

Une reconnaissance unanime de la part du public envers ces cinq professionnels du métier. Trois hommes et deux femmes, un échantillon derrière lequel se cache toute la famille des grands reporters. A l’écoute, ils échangent avec la salle. Un Général les remercie au nom des soldats car sans eux, l’armée pourrait « céder à la tentation de la barbarie, de la sauvagerie ». Les journalistes leur permettent de garantir un comportement éthique face à l’ennemi. La voix calme, sans tabou, ils expliquent, témoignent, répondent aux interrogations. « Est-ce ou non plus difficile d’être une femme lorsqu’on est grand reporter ? » La réponse est négative tant pour Véronique Rebeyrotte, grand reporter à France culture que pour Patricia Allémonière, même si « ce n’est pas simple d’être une femme en Afghanistan ». Mieux vaut être asexuée et respecter les codes du pays. Mais avec un brin de fierté, P. Allémonière raconte que le regard de femme peut aussi apprivoiser celui d’un islamiste radical, qui, les premiers jours, ne regarde que le traducteur.

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