Politiques et journalistes : je t’aime moi non plus

Première rencontre politique de choc pour cette cinquième édition des Assises du journalisme. Deux habitués sont opposés. D’un côté, Nicolas Demorand, rédacteur en chef à Libération, à l’allure décontractée. De l’autre, François Bayrou, candidat aux élections présidentielles, costume de rigueur pour l’homme politique. Nicolas Demorand a remplacé son prédécesseur à la tête de Libération, Laurent Joffrin, resté à Paris pour cause de grève des transports.

L’insolence respectueuse

Durant toute la conférence, Nicolas Demorand a adopté une attitude exemplaire face au candidat centriste. Il a gardé une distance nécessaire tout en faisant preuve d’ironie : « François Bayrou a cette qualité d’être de mauvaise foi. Il arrive à renvoyer les journalistes dans les cordes. » Cette attitude est bien accueillie par l’homme politique qui n’hésite pas à renvoyer la balle : « Il prononce le mot « mauvaise foi » car j’ai mis les journalistes en cause, lors d‘une rencontre sur France Inter.» La discussion est animée. Le rédacteur en chef de Libération franchit même la ligne de l’insolence, en consultant son compte Twitter lorsque le politique lui répond.

Libé, « la paroisse du PS »

 Quand les deux protagonistes abordent la question des journalistes, le débat s’accentue. Nicolas Demorand assure : « Libération n’est pas Le Figaro de la gauche. C‘est un journal d‘opposition.» Et il se justifie avec le traitement de l’affaire DSK par son journal. François Bayrou contre-attaque : « Libération est la paroisse du PS. Vous avez beaucoup parlé des candidats du PS lors de la primaire. » En bon rédacteur en chef, Demorand défend son journal en ironisant : « Vous n’aviez qu’à vous présenter monsieur Bayrou. » Libération a fait une première page pour chaque candidat de la primaire. Le but : informer le lecteur sur les protagonistes pour qu’il puisse faire un choix raisonné. Lorsque le journaliste interroge François Bayrou sur le journal qu’il préfère, le président du Modem répond : « Je me retrouve dans le quotidien La Croix. » Et il profite pour avouer : « J’ai pensé à créer un journal. Je pense avoir trouvé un bon concept. » Nicolas Demorand et François Bayrou se quittent en s’accordant sur un point : la relecture d’une interview d’un politique après sa réalisation. Ils le conseillent vivement aux étudiants qui ont assisté à leur combat loyal.

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