Journalisme et banlieues : apprendre à exister ensemble

(De gauche à droite) Moïse Gomis, Nordine Nabili, Anne Dhoquois médiatrice du débat, Pierre Oudart et Fadila Mehal

Au théâtre auditorium de Poitiers, les Assises du journalisme se sont penchées sur la question du journalisme et des quartiers populaires. L’intervention des journalistes dans les quartiers dits « sensibles » est de plus en plus critiquée. Fadila Mehal, directrice de la culture et de l’information à l’Acsé (Agence nationale pour la cohésion sociale), Pierre Oudart, directeur du projet culture / Grand Paris à la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles), Nordine Nabili (rédacteur en chef du Bondy Blog) et Moïse Gomis, rédacteur en chef Radio HDR étaient présents pour débattre sur ce sujet.

Positionner autrement le journaliste

La relation entre journalistes et habitants des banlieues est tendue. Méconnaissance et a priori sont les principaux ennemis de l’information entre ces deux « entités ». Pour pallier à cette difficulté, l’association « Journalisme et Citoyenneté » propose un dispositif innovant. Le « journalisme en résidence ». Son but: modifier la temporalité du travail des journalistes sur le terrain. Les professionnels sont préparés en amont avant d’intervenir. L’atout pour les journalistes: disposer d’une plus grande légitimité et force de proposition à l’égard de leur hiérarchie.Si l’information qu’ils récoltent ne correspond pas au point de vue de leur hiérarchie  les journalistes ont la possibilité de contester et proposer, par exemple un angle plus proche de la réalité. Sans cette connaissance du terrain, les journalistes se contenteraient de véhiculer encore et toujours les mêmes clichés. Ce journalisme en résidence inclus un travail avec les personnes vivant dans ces quartiers : « Il faut s’appuyer sur des existants. Il ne faut pas essayer de ré-inventer l’eau chaude, il faut exister avec les habitants» souligne Moïse Gomis. Ce projet ne doit pas « être simplement une démarche professionnelle des médias généralistes mais il faut qu’elle puisse prendre en compte la dimension des regards croisés » met en garde Fadila Mehal.

Journalisme en résidence, une méthode qui peut s’appliquer aussi aux zones rurales

Le public venu assister aux échanges ne reste pas indifférent. Un journaliste du Dauphiné Libéré « bouscule les participants » « Ce projet est intéressant mais vous parlez toutes les deux minutes des jeunes. Je vous rappelle qu’il y a aussi des vieux. Et ils ont besoin d’informations». De plus ces «vieux » ne vivent pas qu’en banlieue mais en région rurale. La campagne est elle aussi une « laissée pour compte ». En effet  si les difficultés relationnelles entre journalistes et habitants se cristallisent dans les quartiers, c’est le cas  ailleurs aussi. Une remise en question s’impose : « On ne peut plus travailler avec les codes traditionnels dans cette profession » reconnaît Nordine Nabili. « La profession est au pied du mur ». C’est la responsabilité des journalistes qui est engagée et ils semblent en avoir pris conscience. « La communication peut être un levier de cohésion sociale » atteste N.Nabili. Mieux communiquer pour mieux se comprendre et livrer une information plus juste. Les journalistes doivent répondre présents pour assurer ce rôle.

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  1. #1 par insatiablecuriosite le 09/11/2011 - 10:18

    Très bon article 🙂 Interessant et vivant grâce à toutes les citations !

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