Je viens de l’apprendre, à la minute !!

De plus en plus d'internautes sont accros aux scoops révélés dans Twitter...

« Un pote aux Etats-Unis vient de me rapporter que DSK aurait été arrêté par la police dans un hôtel à New York, il y a une heure ». Ces mots tout le monde  les connait. Et Pourtant lorsque Jonathan Pinet twitte ce message, personne, en France, n’est alors au courant de l’affaire. Il est 22h59 ce 14 mai 2011 et Twitter vit bel et bien son heure de gloire.

Cette année bien plus encore, le breaking news (information de dernière minute) est devenu incontournable. De la chute de Ben Ali à la mort de Kadhafi, les internautes sont de plus en plus nombreux à suivre l’actualité  à la minute. Mais cette course effrénée aux scoops ne nuit-elle pas  à la qualité de l’information ? Quelle importance a l’information factuelle sans mise en perspective ?

Cinq journalistes, tous issus de médias numériques,  se sont réunis ce matin, pour évaluer cette fascination du live.

Jean Christophe Solon, journaliste à la Nouvelle République est un des premiers à avoir traité en live le Procès Courjeau à Tours en 2009. Malgré des déclarations sensationnelles de l’accusée, le journaliste décide volontairement de ne pas tout retransmettre sur Coverit live (plateforme quasi identique de Twitter). « Le live est propice à pas mal de dérives » justifie JC Solon. Comment résumer  un procès à coup de petites phrases chocs. Là est tout le problème du live. Les informations sont souvent extraites, enlevées de leur contexte. Jonathan Parienté, journaliste au Monde.fr et chargé de politique, ne rencontre pas les mêmes problèmes. Selon lui «  en politique par définition on n’a pas à trier l’information, toutes les phrases peuvent être retransmises ». Et de ce côté là le live permet, incontestablement, de garder un lien avec l’internaute.

Entre pertinence et futilité

Pour Karine Broyer, rédactrice en chef internet à France 24, «  le live permet d’être plus réactif, plus pertinent quand le sujet s’y prête, a contrario pour ce qui est du mariage du prince Williams par exemple, le live n’aurait eu aucun intérêt. » Force est de constater que twitter est inondé de publications futiles, d’informations de second rang… Florence Panoussian, responsable de la rédaction web de l’AFP voit quant à elle le live comme un moyen «d’ajouter des documents que l’on n’a pas eu le temps de mettre dans les papiers ». Tous les protagonistes s’accordent pour affirmer que le live renforce en quelque sorte le rôle du journaliste. En effet, dans les flux d’information transmis par twitter notamment, s’il n’y avait pas le journaliste pour filtrer et vérifier l’information, le citoyen serait perdu. Qui plus est, certains vont même jusqu’à qualifier le Live comme indissociable des articles de fond qui viennent un peu plus tard. Si les cinq journalistes ne sont pas très critiques sur les dérives de la pratique, c’est certainement parce que tous reconnaissent les nombreux lecteurs que fait gagner le live à la presse écrite…

                                                                                                                                                                             Valentin Prelat

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